Microciment en salle de bain sans démolir : les vrais doutes

RÉNOVATION · USAGE · SAVOIR-FAIRE

Microciment en salle de bain sans démolir : les vrais doutes

Je ne vais pas vous montrer une énième salle de bain parfaite. Avant de choisir une couleur, il y a des questions bien plus utiles : peut-on vraiment poser du béton ciré sur le carrelage existant, que deviennent les joints, de combien change l’épaisseur, comment le matériau vieillit-il et, surtout, qui répond du chantier.

Je suis Tomás Amat, architecte et CEO de TECNOCEMENTO®. Depuis plus de quinze ans, nous formulons, nous appliquons, nous formons des professionnels et nous voyons ce qui se passe après la livraison d’un chantier. Voici ce que nous avons appris.

Commençons par la première question.

Tomás Amat
Architecte et CEO · TECNOCEMENTO®

Le doute le plus raisonnable : est-ce vraiment « sans travaux » ?

C’est probablement la question à laquelle je réponds le plus facilement.

Oui, dans beaucoup de rénovations, on peut éviter une énorme partie de la démolition. Et c’est l’une des raisons les plus pratiques pour lesquelles le béton ciré a du sens.

Vous n’êtes pas obligé de commencer par arracher tout le carrelage, remplir des sacs de gravats et transformer la maison en champ de bataille. Quand le revêtement existant est bien adhérent et peut devenir un support fiable, nous posons le béton ciré sur le carrelage après l’avoir contrôlé et préparé.

Un mot sur les termes, parce qu’en France ils se mélangent. On dit « béton ciré » pour presque tout ce qui donne cette surface continue et minérale. Sur un carrelage, ce que l’on pose en réalité est un microciment : un revêtement de faible épaisseur à base de ciment et de résines, bicomposant ou prêt à l’emploi selon le chantier. Le béton ciré au sens strict, plus épais, répond à d’autres chantiers. Tout appeler de la même façon appauvrit le choix : ce sont des solutions différentes, chacune pour son cas.

Cela réduit les gravats, la poussière, le bruit et les allées et venues de différents corps de métier. Pour la partie qui concerne le système de béton ciré, en plus, un même professionnel peut souvent contrôler, préparer, appliquer et protéger la surface.

Un seul métier. Une personne. Une responsabilité.

Pour qui a déjà vécu une rénovation, ce n’est pas un détail. L’alternative, nous la connaissons tous : l’un entre, l’autre sort, un troisième arrive et, quand il y a un problème, commence l’archéologie des responsabilités. Le support était de l’un, l’étanchéité de l’autre, le revêtement d’un troisième. Et le responsable est, mystérieusement, toujours celui qui n’est pas là.

Si, pendant la préparation, on découvre des carreaux creux, une installation à réparer ou un problème qui oblige à ouvrir, il y aura des travaux. « Sans travaux » ne veut pas dire faire de la magie. Cela veut dire éviter une démolition qui n’apporte rien quand l’existant peut encore jouer en notre faveur.

Quelle épaisseur ajoute le béton ciré sur carrelage ? À peine quelques millimètres

Un système de béton ciré travaille avec des épaisseurs très faibles. Pour nous comprendre sans sortir le pied à coulisse : à peu près la tranche d’une pièce d’un euro, selon le système et la préparation dont le support a besoin.

Cela change beaucoup une rénovation. Nous n’ajoutons pas des centimètres au sol. Dans bien des cas, la nouvelle épaisseur n’oblige pas non plus à changer ou à raboter les portes. Il faut vérifier chaque raccord, bien sûr, mais la faible épaisseur est un vrai avantage constructif.

Elle permet aussi, pendant que nous travaillons sur une zone précise, que le logement reste utilisable dans beaucoup de rénovations. Autre chose sont les temps d’application, de séchage et de mise en service : ne pas démolir ne veut pas dire que la douche peut servir pendant que nous construisons sa nouvelle finition.

Salon avec sol continu en béton ciré et jonction avec l'escalier et le plafond en bois
Quelques millimètres d’épaisseur : les jonctions avec le bois se règlent sans marche ni changement de niveau.
Salle de bain en béton ciré beige dont le sol continue sans ressaut jusqu'à la chambre

Et enfin, adieu aux joints

Pour moi, cela reste l’une des petites joies du système.

Adieu à ces joints qui étaient blancs le premier jour et qui, quelques années plus tard, ont développé une intéressante gamme chromatique entre le gris, le marron et un certain noir dont nous préférons ne pas trop chercher l’origine.

Le béton ciré efface ce quadrillage visible et construit une surface continue. Cela change la perception de la salle de bain, mais cela simplifie aussi le nettoyage : le joint absorbant disparaît et la surface finale est protégée par le système de vernis correspondant.

Deux autres solutions reviennent souvent quand on veut cacher un carrelage. La peinture pour carrelage est la moins chère et se pose en un week-end, mais c’est un film : elle suit le relief du carreau, les joints restent visibles et le quadrillage aussi. La résine coulée, elle, ne tient qu’à l’horizontale : elle se nivelle seule, donc elle ne monte pas sur un mur. Or une salle de bain, c’est d’abord des murs. Le microciment se travaille à la lisseuse, au sol comme à la verticale, remplit les joints et donne une surface continue du receveur au plafond.

La continuité n’est pas qu’une image. Elle change aussi ce que nous avons à nettoyer.

Mais le carrelage ne disparaît pas parce qu’on ne le voit plus

Ici s’arrête la publicité facile.

Poser du béton ciré sur du carrelage ne fait pas disparaître comme par magie l’ancien revêtement. Cela fait exactement le contraire :

le carrelage cesse d’être l’ancienne finition et devient le support du nouveau système.

C’est pour cela qu’il faut le contrôler. S’il y a un carreau creux, une zone mal collée, une fissure, de l’humidité ou une irrégularité importante, la recouvrir ne la rend pas bonne. Il faut la détecter, décider quoi faire et réparer ce qui doit l’être avant de continuer.

La première difficulté d’un carrelage, c’est l’accroche. L’émail est lisse et fermé, souvent chargé de savon et de calcaire : rien ne s’y ancre tel quel. Il faut le nettoyer, le dégraisser, le poncer si nécessaire et appliquer une impression d’accrochage avant la première couche.

La deuxième, ce sont les joints. Un joint de carrelage est un creux de quelques millimètres : mal traité, il réapparaît à travers le microciment et redessine le quadrillage qu’on voulait effacer. On le remplit avec la base du système qui va être posé, pas avec le produit d’une autre marque. Un autre matériau n’a ni la même densité, ni le même retrait, ni les mêmes mouvements, et sur quelques millimètres la différence se voit. Au sol, viennent ensuite deux couches de base et deux de finition ; au mur, la finition est souvent plus légère.

Reste la charge. Le microciment travaille en couche très fine : il ne porte pas le poids, il le transmet au carreau, à la colle et à la chape. Un carreau creux n’a rien pour répondre, et la surface finit par le dire. On le retire ; et s’il faut remplacer des pièces, on reprend la même famille de carreau, même épaisseur et même porosité, pour qu’elles bougent comme les autres, ou presque.

La vraie question n’est pas « est-ce que je peux appliquer par-dessus ? ». C’est « est-ce que je peux faire confiance à ce qui va rester dessous ? ».

Pourquoi le support compte autant dans un revêtement de quelques millimètres, je l’explique dans éloge du béton.

Salle de bain aux murs et plan de toilette en béton ciré continu, sans joints, avec miroirs ronds
Murs, plan de toilette et vasque en une seule surface continue.
Toilettes publiques avec sol continu en béton ciré et mur végétal
Toilettes à usage public : sol continu, sans joints qui retiennent la saleté.

Je sais ce que vous avez lu : « le béton ciré se fissure »

Moi aussi, j’ai vu ces photos. Des forums, des commentaires, des utilisateurs en colère et des chantiers qui n’auraient pas dû finir ainsi. Les cas typiques, et comment les éviter, je les explique dans béton ciré en salle de bain : inconvénients.

Et je ne vais pas vous dire que c’est faux.

Un mauvais produit peut échouer. Un support qui n’était pas en état peut échouer. Un applicateur qui ne sait pas reconnaître les signaux d’alerte peut échouer. Et quand les trois se réunissent, l’échec n’est plus une surprise.

Ce que je n’accepte pas, c’est de faire d’un mauvais chantier la définition du matériau.

La question intéressante n’est pas de savoir si vous avez vu un béton ciré fissuré. La question, c’est pourquoi il a fissuré.

« C’est magnifique, mais je ne veux pas être esclave de mon sol »

Cette peur, je la connais bien.

Est-ce que ça se raye ? Est-ce que ça tache ? Et si je traîne une chaise ? Et si un flacon de parfum tombe ? Le calcaire de la douche va-t-il laisser une auréole pour toujours ?

Pendant longtemps, ces questions ont conditionné la relation quotidienne avec les revêtements continus. Jusqu’à ce que, il y a environ huit ans, nous ayons obtenu l’une des conquêtes les plus importantes de notre système.

Ce n’était pas une nouvelle couleur. Ni une texture spectaculaire. C’était quelque chose de moins photogénique et de beaucoup plus utile : une protection complètement mate, au toucher soyeux, qui nous a permis d’arrêter de vivre suspendus à l’état du sol.

Est-ce indestructible ? Non. Aucun sol utilisé tous les jours ne l’est. Mais il n’est pas vrai non plus qu’un bon béton ciré doive être une surface fragile à laquelle il faudrait demander la permission avant de s’en servir.

Sol continu en béton ciré dans un espace à usage intensif
Le comportement d’un sol se comprend quand l’usage commence, pas le jour de la photo.
Comptoir en béton ciré gris avec tabourets métalliques sur sol continu en béton ciré vert

Le sol de notre studio passe un test assez peu scientifique

Dans notre studio, nous sommes environ dix-sept personnes à travailler.

Et nous avons des chaises de bureau. Beaucoup. À roulettes.

Quiconque a eu un sol délicat sait que peu de choses sont aussi persistantes que ces roulettes qui passent tous les jours exactement sur les mêmes trajets.

Notre sol est en TECNOCEMENTO® et il y a longtemps que j’ai cessé de m’en inquiéter.

Je ne le présente pas comme un essai de laboratoire. Je le raconte parce qu’il est là : on marche dessus, on travaille dessus, on le salit, on le nettoie et on s’en sert pour de vrai. Et si vous voulez le vérifier, vous pouvez venir le voir.

Le prix : la tentation d’économiser justement là où il ne faut pas

Nous comparons tous des devis. Moi aussi.

Le problème commence quand on pense que deux prix très différents offrent exactement la même chose.

Dans le béton ciré, une bonne partie de ce qui compte disparaît quand le chantier se termine. Vous ne voyez pas le contrôle du support. Vous ne voyez pas le carreau creux que quelqu’un a décidé de réparer. Vous ne voyez pas les couches précédentes. Vous ne voyez pas le temps laissé entre les étapes. À la fin, vous ne voyez que quelques millimètres de surface.

C’est pourquoi choisir uniquement le devis le plus bas peut devenir une façon assez chère d’économiser.

Cela ne veut pas dire que le plus cher soit toujours le meilleur. Cela veut dire que, quand deux prix sont très différents, il vaut la peine de demander ce qu’il y a derrière chacun.

Une mauvaise application ne coûte généralement pas ce que vous avez économisé. Parfois, elle coûte de refaire tout ce que vous croyiez terminé.

Le facteur humain : comment savoir si celui qui l’applique sait vraiment le faire ?

C’est peut-être la question décisive.

Nous avons tous entendu un jour : « Le maçon qui fait ma rénovation dit qu’il sait aussi poser du béton ciré. »

C’est peut-être vrai.

Mais moi, je poserais une question très simple :

Montrez-moi un de vos chantiers d’il y a dix mois.

Pas la photo du jour où vous avez fini. Je veux le voir après des mois d’eau, de nettoyage, de coups, d’usage et de vie.

S’il est bien, parfait. S’il ne peut pas me le montrer, personnellement, je préférerais ne pas être le premier.

Le problème du béton ciré est aussi un problème de métier. Savoir se servir d’une lisseuse ne suffit pas. Il faut savoir lire un support, reconnaître un signal d’alerte, préparer une base, traiter les raccords, respecter les temps et savoir quand il vaut mieux ne pas continuer.

Poinçon personnel TECNOCEMENTO permettant d'identifier l'applicateur qui signe un chantier
LE POINÇON NE S’ACHÈTE PAS : IL SE GAGNE AU PREMIER CHANTIER. Poinçon avec lequel les applicateurs agréés signent leur travail.
Maison avec deux façades en TECNOCEMENTO®, porte-à-faux et terrasse couverte sur la piscine, conception tamatestudio

C’est pourquoi nos applicateurs signent leurs chantiers

Chez TECNOCEMENTO®, nous formons nos applicateurs et nous les agréons pour notre système. Ils reçoivent une formation spécifique et un diplôme nominatif. Mais nous voulions que cette responsabilité ne s’arrête pas à un document rangé dans un classeur.

C’est pourquoi nous avons créé un poinçon personnel pour signer les chantiers. L’applicateur le reçoit quand son premier chantier a été validé.

Nous aimons qu’il ressemble à la signature d’un artiste. Mais pas parce que nous prétendons faire de chaque salle de bain une œuvre d’art.

La raison est plus sérieuse :

C’est moi qui l’ai fait.

Le poinçon ne rend pas l’erreur impossible. Aucun diplôme, aucune marque, aucun poinçon ne peut promettre une telle chose. Ce qu’il introduit est bien plus précieux : une responsabilité identifiable.

Une personne. Un chantier. Une responsabilité.

Une personne qui connaît le système qu’elle applique et qui est prête à y laisser son nom. Pour nous, c’est une façon assez concrète de comprendre la confiance.

LE POINÇON DE L’APPLICATEUR AGRÉÉ. Votre travail porte votre signature · 34 secondes.
Poinçon d'applicateur agréé TECNOCEMENTO à manche noir sur une surface en béton ciré

Alors, est-ce vraiment une rénovation « sans travaux » ?

Tout dépend de ce que l’on entend par travaux.

Si cela veut dire arriver avec des marteaux, arracher tous les revêtements, remplir des sacs de gravats et reconstruire la salle de bain à partir de zéro, nous pouvons très souvent l’éviter.

Si cela veut dire que quelqu’un arrive un matin, étale une pâte sur n’importe quelle surface et repart l’après-midi, alors non.

Il y a un contrôle. Il y a une préparation. Il y a des temps. Il y a un produit. Et il y a un métier.

Sans démolition inutile, oui. Sans travail, non.

Ce que je demanderais avant de décider

Si je rénovais ma propre salle de bain en voulant conserver les revêtements existants, je ne commencerais pas par demander la couleur.

Avez-vous contrôlé l’état du carrelage et du support ?

C’est le contrôle préalable. Si le revêtement est bien adhérent et le support stable, on travaille dessus ; sinon, il faut d’abord l’assainir. Lire le chapitre

Que se passe-t-il si un carreau est creux ou mal collé ?

On le retire et on refait la base à cet endroit avant d’appliquer. Un carreau creux recouvert finit par marquer la surface. Lire le chapitre

Quelle épaisseur aura réellement la solution complète ?

Quelques millimètres : préparation, couches de béton ciré et protection. Demandez le chiffre de la solution complète, pas seulement celui de la finition. Lire le chapitre

Quel système allez-vous utiliser dans les zones exposées à l’eau ?

Une douche et un plan de toilette ne se traitent pas avec le même système qu’un mur sec. Il faut savoir quel produit va dans chaque zone et pourquoi : nous le détaillons dans béton ciré sur carrelage de salle de bain, système par système. Lire le chapitre

Quelle protection finale aura-t-il ?

La protection est ce qui permet d’utiliser le sol sans vivre suspendu à son état. Demandez son type, sa finition (mate, satinée) et son entretien. Lire le chapitre

Qui va réaliser toute l’application ?

L’idéal est un seul métier du début à la fin : contrôler, préparer, appliquer et protéger. Ainsi, il n’y a qu’une seule responsabilité. Lire le chapitre

Pouvez-vous me montrer un de vos chantiers terminé depuis un certain temps ?

Un chantier qui vient d’être livré est toujours beau. Celui qui renseigne est celui qui a des années d’usage. Lire le chapitre

Qui répond en cas de problème ?

Un nom et une signature. Nos applicateurs agréés signent leurs chantiers avec leur poinçon personnel. Lire le chapitre

Ensuite, oui. Alors nous pouvons parler du gris, du sable, du bois, de la lumière et de la salle de bain que nous voulons. C’est à cela que servent les salles de bain en béton ciré que nous avons réalisées et la page béton ciré en salle de bain et toilettes.

Car choisir une finition compte. Mais il faut d’abord s’assurer qu’il existe une solution dessous et quelqu’un derrière, prêt à en répondre.

Surface continue en béton ciré qui prolonge le sol intérieur vers l'extérieur
La rénovation se termine le jour de la livraison. L’épreuve commence quand la vie quotidienne reprend.